Partie I
GÉNÉRALITÉS
I-1.
Introduction
La
fonction isolation concerne généralement deux préoccupations :
-
les échanges thermiques entre les espaces intérieurs
aux bâtiments et leur environnement extérieur ou les
tiers contigus ;
-
la transmission acoustique au travers des parois séparatives
et la réverbération des sons sur les parois intérieures.
Les
matières de base, utilisées pour fabriquer les produits
isolants, sont soit minérales (absence de carbone), soit organiques
naturelles, artificielles ou synthétiques (macromolécules
carbonées) ; ces deux types de matière peuvent se
trouver associés au sein d'un même matériau isolant.
L'article
AM 8 vise les
produits d'isolation, mis en œuvre dans les murs, les façades (1),
les toitures et les planchers, voire sur ou sous la face de ces parois,
ainsi que dans les plénums. Ne sont concernées que les
produits dont la couche d'isolation est d'épaisseur supérieure
à 10 mm pour les sols et supérieure à 5 mm
pour les autres parois.
Dans
la suite, sont considérées comme verticales les parois,
éventuellement leur tangente, dont l'angle avec la verticale
est inférieur ou égal à 30°.
Outre
les produits d'isolation mis en œuvre par fixation mécanique,
collage, pose en fond de coffrage, pose entre paroi et contre-paroi,
pose sur entrevous de coffrage, pose libre sur support horizontal etc,
sont également concernés les produits isolants mis en
œuvre par projection, expansion in situ, épandage en vrac...
(1) L'isolation par l'extérieur des façades en maçonneries
et bétons ne relève pas de l'article AM 8.
Il convient de se référer à l'instruction technique n° 249.
I-2.
Mesures préventives retenues
Les
mesures préventives retenues par le premier paragraphe de l'article
AM 8 sont :
-
soit une limitation du pouvoir calorifique des isolants, voire de
leur production fumigène (utilisation de produits classés
au moins A2 - s2, d0 ou A2FL - s1) ;
-
soit la protection par un écran de tout isolant combustible
susceptible d'être exposé au feu. Cet écran a
pour fonction de retarder la pénétration du flux thermique
dans un tel produit afin d'en différer la pyrolyse active et/ou
la fusion.
Par
convention est appelé :
-
« isolant combustible », tout produit d'isolation
non classé au moins A2 - s2, d0 ou A2FL - s1 ;
-
« écran », un écran de protection
thermique.
Le
présent document introduit :
-
les solutions constructives avec écran qui peuvent être
mises en œuvre sans justification (cf. II-1) ;
-
la possibilité d'utilisation d'autres écrans, justifiés
selon les dispositions du II-2 ;
-
enfin, la possibilité d'autres solutions constructives après
justification, ainsi que prévu par le deuxième paragraphe
de l'article AM 8 ;
les modalités d'application de cette possibilité sont
précisées dans la partie III du présent document.
L'action
thermique retenue comme référence, pour évaluer
la fonction écran, est la courbe température-temps du
programme thermique normalisé (cf. NF EN 13501-2).
I-3.
Règles de mise en œuvre
Les
ouvrages incorporant un isolant combustible doivent être réalisés
conformément aux règles techniques en vigueur, notamment
les prescriptions des documents techniques unifiés (DTU) et celles
des avis techniques, en tenant compte, le cas échéant,
des règles de mise en œuvre mentionnées au paragraphe
III-5.
Les
solutions constructives justifiées au titre de la partie III
peuvent ne pas se voir appliquer tout ou partie des paragraphes suivants.
I-3.1.
Continuité des écrans
En
situation d'incendie, les jointoiements et les fixations de l'écran
contribuent, avec la nature et l'épaisseur de celui-ci, à
la réalisation de la performance de protection pendant la durée
spécifiée à l'article AM 8
(un quart d'heure ou une demi-heure).
Jointoiements :
Les
joints doivent répondre, en partie courante ou en périphérie
de l'écran, à l'une au moins des conditions ci-après :
-
être situés au droit d'un élément d'ossature,
principal ou secondaire, sur lequel les éléments d'écran
juxtaposés sont fixés mécaniquement ;
-
être équipés d'un profil métallique ou
en bois, apparent, masqué ou encastré ;
-
être assemblés par emboîtement, embrèvement,
feuillure ou par rainure et languette ;
-
être garnis d'une matière incombustible, ou intumescente,
ou d'une colle (enduit seul ou enduit plus bande, mortier, mastic,
ou équivalent) ; un garnissage par un matériau
organique alvéolaire thermodurcissable est autorisé
en pied de paroi.
Toutefois,
cette condition ne s'applique pas pour les écrans de sol au droit
des joints d'étanchéité ou de dilatation ni aux
écrans constitués de verre cellulaire et faisant l'objet
d'une mise en œuvre totalement étanche (joints entièrement
fermés sur l'épaisseur du panneau).
Lorsque
l'écran est composé de plusieurs lits, sont autorisés
les panneaux jointifs s'ils sont posés à bords décalés.
Dans le cas contraire, les joints doivent être réalisés
dans les conditions précédentes.
La
traversée des écrans par des conduits ou gaines, par des
dispositifs d'éclairage ou de désenfumage, par des grilles
de ventilation, des boîtes d'encastrement de matériels
électriques ou autres est admise, après réservation
préalable, sous réserve d'un calfeutrement par une matière
incombustible ou intumescente.
Toutefois,
cette condition ne s'applique pas aux traversées de conduits
répondant aux dispositions de l'article CO 31
et au petit appareillage notamment électrique (tel que prises
de courant, interrupteurs, prises de réseau informatique...)
de section d'encastrement inférieure ou égale à
100 cm2.
Fixations :
L'écran
de protection doit être fixé mécaniquement, soit
directement à la paroi support, soit sur une ossature, elle-même
fixée mécaniquement à la paroi. Ces fixations peuvent
être apparentes ou non. Elles ne doivent pas être en matière
plastique. Toutefois, ces dispositions ne s'appliquent pas :
-
pour les écrans utilisés au sol ;
-
aux complexes de doublage, mis en œuvre par collage sur des parois
verticales, conformément à la norme NF P 72-204
(DTU 25.42), dans des locaux de hauteur libre entre planchers
inférieure à 3 m ;
-
aux écrans constitués de verre cellulaire, la mise en
œuvre s'effectuant par collage au bitume.
Concernant
les écrans à justifier au titre du II-2 ou les solutions
constructives soumises à la procédure de la partie III,
les fixations sont celles décrites dans les systèmes évalués.
I-3.2.
Recoupement des isolants combustibles
Les
solutions constructives ne doivent permettre, en aucun cas, le transfert
des produits de dégradation ou de combustion de l'isolant (effluents
gazeux, matière fondue) vers des volumes isolés (2)
autres que celui qui est déjà affecté par l'incendie.
Satisfaire
cet objectif implique le recoupement de l'isolant et de toute lame d'air
à son contact :
1.
Entre un volume isolé et tout volume voisin, le recoupement est
effectué au passage des planchers et des parois verticales séparatives
auxquels sont imposées des exigences de résistance au
feu (cf. règlement de sécurité
des établissements recevant du public du 25 juin 1980 modifié).
Il n'est pas nécessaire dans le cas des toitures en béton
(cf. II-1.2.1).
De
plus, en présence d'une lame d'air, l'isolant doit être
classé au moins E (l'intervalle entre un isolant collé
par plots ou par bandes et sa paroi support n'est pas considéré
comme lame d'air). Par ailleurs, toute lame d'air ventilée intérieurement
est interdite.
2.
Dans le cas des façades légères et des bardages,
le recoupement est effectué au droit de chaque niveau de plancher
coupe-feu, ainsi qu'au droit de chaque paroi coupe-feu et tous les 20 m
au maximum par l'interposition d'une barrière étanche
au flux thermique, aux effluents gazeux et aux matières fondues.
Ce
recoupement est obtenu par la mise en place, à l'intérieur
du panneau de façade, d'une barrière en matériau
isolant classé A2 - s2, d0, de largeur minimale de 10 cm
et maintenue par un profil métallique continu, fixé mécaniquement
ou par une pièce de bois massif de largeur de 7 cm minimum.
3.
Dans le cas des toitures légères (i.e. autres que celles
visées en II-1.2.1), le recoupement est réalisé
par l'interposition d'une barrière étanche au flux thermique,
aux effluents gazeux et matières fondues, formant des mailles
de surface n'excédant pas 300 m2 dont la plus
grande dimension ne dépasse pas 30 m.
Ce
recoupement est obtenu par la mise en place d'une barrière en
matériau isolant classé A2 - s2, d0, de largeur minimale
de 30 cm, fixée mécaniquement. Dans le cas de toitures
à lame d'air ventilée en sous-face de la couverture, la
barrière de recoupement est réalisée par une pièce
de bois massif de largeur de 7 cm minimum.
En
outre, en cas de présence de locaux à risques particuliers
(cf. règlement de sécurité
ERP du 25 juin 1980 modifié), les toitures comportant
des isolants combustibles doivent :
-
soit être protégées d'un feu venant de l'intérieur
du local par un écran thermique dont la durée de protection
doit être au moins équivalente au degré de résistance
au feu des parois verticales de ce local ;
-
soit être traversées par le prolongement des parois verticales
de ce local d'une hauteur de 1 m au moins au-dessus de la couverture.
(2) Un volume isolé est un local ou un ensemble de locaux
délimité par des parois répondant à une
exigence réglementaire de résistance au feu.

Partie
II
SOLUTIONS
CONSTRUCTIVES AVEC ÉCRAN
D'une
manière générale, les éléments séparatifs
justifiant d'un classement coupe-feu 1/2 heure ou plus sont considérés
comme écrans apportant une protection thermique des isolants
durant au moins 1/4 heure pour les parois verticales et les sols. De
même, les éléments séparatifs justifiant
d'un classement coupe-feu 1 heure ou plus sont considérés
comme écran apportant une protection des isolants d'au moins
1/2 heure pour les autres parois.
II-1.
Ecrans ne nécessitant pas de justification
La
mise en œuvre de ces écrans doit satisfaire les règles
du paragraphe I-3.1. Les épaisseurs indiquées sont des
valeurs minimales. Elles peuvent être atteintes par la mise en
œuvre d'un ou plusieurs lits.
II-1.1.
Parois verticales
II-1.1.1.
Doublage des murs par l'intérieur
Contre-cloisons :
Contre-cloisons
de 50 mm, réalisées en maçonnerie, en carreaux
de plâtre, en panneaux de cloison alvéolaires (réseau
en nid d'abeille compris entre deux plaques de parement en plâtre).
Plâtre
projeté :
Enduits
d'épaisseur minimale de 15 mm en plâtre projeté
sur une armature métallique fixée mécaniquement
à la paroi ou à une ossature au travers de l'isolant combustible.
Plaques
de parement à base minérale :
Plaques
de parement en plâtre de 12,5 mm ou plaques à base
de silicate de calcium de 14 mm.
Revêtements
intérieurs en bois massifs ou panneaux dérivés
du bois :
Tableau
1
|
NATURE DU REVETEMENT |
MASSE
volumique
(Kg/m3) |
ÉPAISSEUR
(mm) |
| Bois massif |
e < 600
e > 600 |
18
14 |
| Panneau de contreplaqué |
450 < e < 600
e > 600 |
21
18 |
| Panneau de particules |
e > 600 |
16 |
| Panneau de particules agglomérées au ciment |
e > 1000 |
12 |
| Panneau de lamelles minces orientées (OSB) |
e > 600 |
18 |
| Panneau de fibres moyenne densité (MDF) |
e > 600 |
18 |
Pour les bois massifs, les épaisseurs considérées
ci-avant sont les épaisseurs finies et non les épaisseurs
commerciales des bois de sciage. Par ailleurs, il s'agit d'épaisseurs
effectives, y compris au droit des usinages en rives ou en partie courante,
à l'exception de ceux dont la profondeur n'excède pas
3 mm et des joints réalisés sur appui.
II-1.1.2.
Façades légères et bardages
Lorsqu'une
couche isolante combustible est contenue dans les remplissages opaques
ou les caissons, un écran de protection thermique doit être
mis en œuvre suivant les dispositions du paragraphe II.-1.1.1.
II-1.2.
Toitures
Les
recoupements visés au paragraphe I-3.2 sont nécessaires
dans tous les cas suivants, sauf II-1.2.1 :
II-1.2.1.
Toitures à gros œuvre en béton ou en maçonnerie
Elément
porteur support de l'isolant combustible, formant plafond, et présentant
un degré coupe-feu 1/2 h (cf. DTU feu-béton
NF P 92701 ou XP ENV 1992-1.2, ou procès-verbal de justification),
par exemple :
-
dalle pleine constituée de béton coulé en œuvre ;
-
dalle de béton confectionnée à partir d'une prédalle ;
-
assemblage de dalles en béton cellulaire, solidarisées
par des joints (flancs longitudinaux profilés) remplis de mortier.
Lorsque
l'élément porteur est du type plancher nervuré,
se reporter ci-après au paragraphe II-1.3.2.
II-1.2.2.
Toitures à élément porteur en tôles d'acier
nervurées
Sur
tôles pleines ou perforées il y a lieu d'interposer, entre
la sous-face de l'isolant combustible et les tôles porteuses formant
plafond, l'un des types d'écran protecteur suivants :
-
laine de roche, de masse volumique minimale de 110 kg/m3,
d'épaisseur 60 mm ;
-
perlite expansée, de masse volumique nominale 150 kg/m3,
d'épaisseur 50 mm ;
-
panneaux dérivés du bois, avec épaisseurs conformes
aux tableaux du paragraphe II-1.2.3 ci-après ;
-
plaques de parement en plâtre d'épaisseur 18 mm
ou plaques à base de silicate de calcium d'épaisseur
20 mm ;
-
verre cellulaire, de masse volumique minimale de 110 kg/m3,
d'épaisseur 60 mm.
II-1.2.3.
Toitures à élément porteur continu en bois ou en
panneaux dérivés du bois
L'élément
porteur forme le plafond. Il doit répondre à l'article
AM 4.
Ecrans
constitués d'un seul matériau :
Tableau
2
|
MATÉRIAU CONSTITUTIF DE L'ÉCRAN |
ÉPAISSEUR (mm) |
| Bois massif e < 600 kg/m3 |
30 |
| Bois massif e > 600 kg/m3 |
26 |
Panneau de contreplaqué :
e < 600 kg/m3
e > 600 kg/m3 |
40
35 |
| Panneau de particules e > 600 kg/m3 |
32 |
| Panneau de lamelles mince orientées (OSB) |
35 |
Pour
les bois massifs, les épaisseurs considérées dans
ce tableau sont les épaisseurs finies et non pas les épaisseurs
commerciales des bois de sciage. Par ailleurs, il s'agit d'épaisseurs
effectives y compris au droit des usinages en rives ou en partie courante,
à l'exception de celles dont la profondeur n'excède pas
3 mm et des joints réalisés sur appui.
Ecrans
composés de plusieurs matériaux :
Les
associations réputées satisfaisantes sont données
dans le tableau 3.
Tableau 3
|
ÉLÉMENT PORTEUR
à renforcer dans sa fonction écran |
COMPLÉMENT DE PROTECTION POSSIBLE
(3) (4) (au choix) |
|
Epaisseur |
|
Panneau de particules
(rappoté sur l'une des faces de l'élément
porteur) |
Plaque de parement
en plâtre (rappotée sur l'une des faces
de l'élément porteur) |
Laine de roche ou perlite |
Lames de bois massif
rainées-bouvetées
Epaisseur 22 mm |
e < 600 kg/m3 |
10 mm |
9,5 mm |
30 mm |
e > 600 kg/m3 |
8 mm |
9,5 mm |
30 mm |
Panneau de particules e > 600 kg/m3
Epaisseur 18 mm |
14 mm |
9,5 mm |
30 mm |
Panneau à lames orientées (OSB)
Epaisseur 15 mm |
18 mm |
12,5 mm |
40 mm |
Panneau de contreplaqué |
Epaisseur (1) 10 mm |
22 mm |
15 mm |
40 mm |
Epaisseur (2) 12 mm |
20 mm |
15 mm |
40 mm |
(1) Epaisseur minimale prescrite par
le DTU n°43.4 pour les panneaux portés sur leurs quatre
rives.
(2) Epaisseur minimale prescrite par ce même document pour
les panneaux dont les rives perpendiculaires aux appuis ne sont
pas supportées.
(3) Seule la face inférieure répond à AM 4.
(4) Fixé mécaniquement aux appuis du premier lit si
rapporté en face inférieure. |
II-1.2.4. Ecran en sous-face de toitures
Les
écrans admis sont ceux définis aux paragraphes II-1.2.2
et II-1.2.3 ci-avant.
De
tels écrans doivent être fixés mécaniquement
à l'élément porteur lui-même, à la
charpente ou encore à une ossature secondaire liée à
cette charpente.
II-1.3.
Parois horizontales intérieures
II-1.3.1.
Sols
Chapes
et dalles flottantes traditionnelles, rapportées :
De
tels ouvrages, réalisés en béton ou en mortier
de ciment, présentent des épaisseurs minimales de 3 cm,
ce qui assure la protection des isolants combustibles pour 1/4 heure.
Planchers
et parquets en bois massif ou en panneaux dérivés du bois :
Les
épaisseurs du plancher apparent ou du parquet sont conformes
à celles indiquées au tableau 1.
II-1.3.2.
Planchers intermédiaires
Ils
doivent répondre à deux exigences simultanées,
celle applicable aux sols (suivant paragraphe II-1.3.1) et celle applicable
aux plafonds. Dans ce dernier cas, l'isolant combustible doit être
protégé en sous-face par l'un des types d'écran
appropriés mentionnés dans les paragraphes II-1.2.2 et
II-1.2.3 (et, dans le cas de prédalles en béton, enduit
plâtre de 20 mm ou projection d'un produit offrant une protection
en résistance au feu équivalente à 6 cm de
béton).
Nota.
- Planchers sur vide sanitaire.
Les
planchers hauts des vides sanitaires peuvent être réalisés
avec des entrevous homogènes en plastique alvéolaire dont
la sous-face n'est pas protégée, sous réserve de
respecter l'article CO 13.
II-2.
Ecrans à justifier
Les
écrans à justifier sont ceux qui n'apparaissent pas au
paragraphe II-1. Cette justification est établie par un laboratoire
agréé pour la résistance au feu. Le laboratoire
s'appuie sur des éléments de preuve que lui fournit le
demandeur ou procède à un essai qui permet d'attester,
pour la durée requise (1/4 heure ou 1/2 heure) :
-
la stabilité et l'intégrité de l'écran ;
-
la fonction protection, aspect qui recourt à un examen de l'état
de l'isolant, en partie courante et aux joints, à l'issue de
la durée pour laquelle la justification est demandée.
L'épaisseur
de l'écran de protection est déterminée sur la
base d'un calcul de transfert thermique et/ou de résultats d'essais.
La justification de la stabilité et de l'intégrité
de l'écran doit prendre en compte son épaisseur, sa mise
en œuvre au regard de sa position spatiale d'usage visée (cf.
article AM 8),
les dimensions en plan, la densité des fixations et le mode de
jointoiement des éléments constitutifs.
La
stabilité et l'intégrité peuvent être évaluées
lors d'un essai conventionnel de résistance au feu avec l'action
thermique dite du programme thermique normalisé (cf. NF EN 13501-2).
Les critères de performance de l'écran sont fixés
selon que l'écran est au contact ou non de l'isolant.
II-2.1.
Ecran au contact de l'isolant
Divers
types d'essai sont susceptibles d'apporter les informations nécessaires,
par exemple :
-
la norme EN 14135 (revêtements - détermination de
la capacité de protection contre l'incendie) ;
-
la norme expérimentale ENV 13381 (méthodes d'essais
pour déterminer la contribution à la résistance
au feu des éléments de construction). - Partie 1
« Membranes de protection horizontales ». -
Partie 2 « Membranes de protection verticales » ;
-
l'annexe 1 (essais de caractérisation des matériaux)
du DTU « règles bois feu 88 ».
Pour
être pertinentes, les informations requises doivent être
tirées de l'examen d'une maquette composée :
-
de l'écran, lequel comportera en partie courante au moins deux
joints longitudinaux et deux joints transversaux ;
-
d'un isolant représentatif de la famille (cf. NF EN 13162
à 13171) de ceux dont la protection est recherchée et
de même masse volumique à plus ou moins 5 kg/m3 ;
-
d'un contre-parement incombustible fixé au cadre de la maquette.
L'isolant doit être bordé sur ses chants de manière
étanche ;
-
de produits connexes éventuels.
Les
systèmes satisfaisants sont ceux pour lesquels la température
mesurée sur la face non exposée de l'écran est
inférieure à la température de pyrolyse ou de fusion
de l'isolant, au temps de classement recherché. Celle-ci est
soit donnée par analyse thermogravimétrique, sur la base
de 5 % de perte de masse, soit issue de valeurs de la littérature.
II-2.2.
Ecran sans contact avec l'isolant
Il
s'agit de systèmes dans lesquels une cavité, plénum
y compris, est présente entre l'écran et l'isolant.
Tout
écran avec cavité au dos est à qualifier en recourant
aux approches retenues pour la protection des éléments
structuraux dont relève le système. Toutefois, il n'est
pas nécessaire d'inclure un isolant dans ce système. Parmi
les protocoles d'essais utilisables, citons :
-
la norme EN 14135 (revêtements. - Détermination de la
capacité de protection contre l'incendie) ;
-
l'essai pour plancher protégé ;
-
l'essai du plafond sous plénum, réduit ou infini, utilisé
pour évaluer la protection des structures de toitures ;
-
les protocoles de la norme expérimentale ENV 13381 relatifs
à la caractérisation des membranes de protection horizontales
(partie 1) ou verticales (partie 2).
Les
systèmes satisfaisants sont ceux pour lesquels la température
mesurée dans la cavité entre l'écran et l'isolant
est inférieure à la température de pyrolyse ou
de fusion de l'isolant, au temps de classement recherché. Celle-ci
est soit donnée par analyse thermogravimétrique, sur la
base de 5 % de perte de masse, soit issue de valeurs de la littérature.
En
l'absence d'isolant dans l'élément testé, les critères
de température, mesurée dans la cavité ou le plénum,
retenus sont :
-
température moyenne n'excédant pas 110° C pour
les isolants thermofusibles ;
-
température moyenne n'excédant pas 180° C pour
les autres isolants.

Partie
III
AUTRES
MISES EN OEUVRE
Le
paragraphe 2 de l'article AM 8
prévoit que des produits isolants qui ne répondent pas
aux exigences du paragraphe 1 de cet article ne peuvent être
mis en œuvre qu'après avis favorable de la Commission centrale
de sécurité (CCS). Cet avis est prononcé au vu
d'une appréciation préalable du CECMI.
La
CCS et le CECMI s'appuieront, pour ce faire, sur un rapport établi
par un organisme (ou un groupement d'organismes) tiers indépendant,
mandaté par le demandeur. Ce dernier devra avoir avisé
le CECMI quant au choix de la méthodologie retenue et des moyens
mis en œuvre par son mandataire.
En
fonction de la complexité du dossier à traiter, l'organisme
mandaté devra être compétent dans différents
domaines, tels que : évaluation des risques, réaction
et résistance au feu, essais de feu en grandeur nature, simulations
numériques des phénomènes d'incendie et méthodes
de l'ingénierie du feu. En outre, l'organisme mandaté
devra posséder une connaissance de la réglementation de
sécurité incendie, afin d'intégrer dans son analyse
les objectifs de sécurité propres aux divers types d'ERP.
Les
produits isolants visés ici ou les solutions constructives incorporant
de tels matériaux ne doivent pas, en cas de feu à l'intérieur
de l'établissement :
-
contribuer significativement à l'aggravation du feu dans le
volume isolé où il a pris naissance ;
-
induire de pénétration de gaz ou de fumées dans
d'autres volumes isolés de l'établissement.
La
non-aggravation du feu est appréciée en termes d'émission
de fumées, de production calorifique et de chute éventuelle
de matière enflammée dans le volume isolé. Cette
appréciation se fera sur la base d'une comparaison avec les productions
thermiques et fumigènes du ou des foyers primaires considérés
dans l'analyse, pendant la phase qui précède l'embrasement
généralisé. On se référera au(x)
foyer(s) de puissance maximale plausible agissant pendant la durée
précitée.
Pour
les solutions utilisées en enveloppe de bâtiment, on accepte
l'émission directe d'effluents gazeux et fumées vers l'extérieur
du bâtiment et la présence de flammes aux joints sur la
face externe, sans propagation surfacique (flamme linéique ou
ponctuelle).
Pour
les solutions utilisées en parois séparatives soumises
à des exigences de résistance au feu, l'émission
de fumées, par la face non exposée au feu, doit être
limitée. Cela signifie qu'elle ne doit pas excéder celle
qui serait émise en substituant un matériau isolant A2 - s2, d0
à celui étudié. Pour cette évaluation, l'action
thermique à retenir est celle correspondant à la courbe
température/temps normalisée. Une mesure d'opacité
attestera de la satisfaction de ce critère.
Compte
tenu de ces objectifs généraux (*), le rapport
établi par l'organisme instructeur devra porter sur les points
ci-après.
(*) Ces
objectifs sont réputés satisfaits par les écrans
ne nécessitant pas de justification (§ II-1), en particulier
lorsqu'ils sont eux-mêmes constitués de matériaux
isolants.
III-1. Examen du domaine d'emploi revendiqué
L'organisme
examinera le domaine d'emploi visé par le demandeur. Ce domaine
d'emploi sera défini selon la nomenclature de la réglementation
des ERP (catégories et types) et de facteurs prépondérants
tels que : présence ou non de locaux à sommeil, hauteur(s)
caractéristique(s) des volumes accessibles au public, nombre
de niveaux du bâtiment, locaux à risques particuliers...
III-2.
Identification de scénarios d'incendie liés au domaine
d'emploi revendiqué
L'organisme
procédera au choix du ou des modèles pertinents d'action
thermique. Pour ce faire, les différentes situations d'incendie
susceptibles de se produire seront identifiées. Seront prises
en compte les destinations revendiquées, la nature, l'importance
et la localisation des charges calorifiques susceptibles d'être
impliquées. Des simulations numériques permettront, le
cas échéant, d'optimiser le choix des modèles d'action
thermique.
D'une
manière générale, deux grandes familles d'actions
thermiques peuvent être distinguées :
-
la courbe température temps normalisée, qui sera systématiquement
considérée dans le cas des « petits »
locaux ;
-
le feu localisé, pour les locaux dans lesquels, de par leurs
dimensions et la charge calorifique contenue, la survenance d'une
situation d'embrasement généralisé pourrait être
exclue.
Des
mesures de protection active, telle la présence d'une installation
d'extinction automatique, d'un désenfumage des locaux pourront
être considérées dans cette phase de choix d'action(s)
thermique(s).
En
cas de changement d'activité, il conviendra de vérifier
que les mesures de protection retenues sont toujours adaptées
au regard des scénarios d'incendie liés au nouveau domaine
d'usage de l'établissement.
III-3.
Choix du ou des essais mettant en jeu les actions thermiques
Pour
ces essais globaux, il y aura lieu de contrôler (exploitation
d'essais antérieurs) ou d'assurer (essais à réaliser)
la représentativité des corps d'épreuve, au regard
de la mise en œuvre de la solution constructive considérée :
partie d'ouvrage, orientation, liaisonnement, fixation des divers composants,
recoupement...
La
taille de la surface exposée à l'action thermique doit
permettre l'analyse du comportement des divers types de joints. De même,
si nécessaire en fonction des applications visées et en
l'absence de données exploitables, les corps d'épreuve
comporteront des traversées de conduits et/ou des encastrements
pour le matériel électrique usuel.
Des
essais sur des corps d'épreuve ou échantillons de taille
réduite pourront également être pratiqués
dans le but d'évaluer des points particuliers de comportement
au feu (transfert thermique, pouvoir calorifique, mesure d'opacité,
analyse de certains gaz émis, analyse thermique différentielle,
analyse thermogravimétrique...). Certaines données issues
de ces divers essais pourront être exploitées comme données
d'entrée pour d'éventuelles simulations numériques
qui permettront de préciser le domaine d'utilisation des résultats.
A
titre indicatif, on donne ci-après, selon l'orientation des parois,
quelques références d'essais globaux susceptibles d'être
utilisés avec ou sans adaptation du corps d'épreuve et/ou
du foyer.
a)
Parois verticales :
EN 1364-1 :
essais de résistance au feu des éléments non porteurs.
- Partie 1 : murs ;
EN 1365-1 :
essais de résistance au feu des éléments porteurs.
- Partie 1 : murs ;
ISO FDIS 13784-1 :
fire tests, reaction to fire test for sandwich panel building systems.
- Part 1 : small scale room test ;
ISO FDIS 13784-2 :
fire tests, reaction to fire test for sandwich panel building systems.
- Part 2 : large scale room test ;
APSAD,
règles techniques T14-A (procédure d'essai des panneaux
sandwich).
b)
Autres parois (sols exclus) :
EN 1365-2 :
essais de résistance au feu des éléments porteurs.
- Partie 2 : planchers et toitures ;
ISO FDIS 13784-1 :
fire tests, reaction to fire test for sandwich panel building systems.
- Part 1 : small scale room test ;
ISO FDIS 13784-2 :
fire tests, reaction to fire test for sandwich panel building systems.
- Part 2 : large scale room test ;
APSAD :
document technique D14 : procédure d'essai concernant les
couvertures isolantes en bac acier ;
DIN 18234.
- Partie 1 : essais pour toitures exposées au feu par
leur face inférieure.
D'une
manière générale, les résultats de tout
essai grandeur présentant des caractéristiques dimensionnelles
et de sollicitation thermique supérieures peuvent être
pris en considération. Il en est de même des résultats
de codes de calcul validés par de tels essais.
III-4.
Analyse des réponses de la solution constructive
L'interprétation
des résultats de ces évaluations s'appuiera sur le relevé,
à l'issue des essais, de la dégradation de l'isolant combustible
vue sous deux aspects :
-
pénétration dans l'épaisseur ;
-
extension latérale.
Celle-ci
sera basée également sur l'examen de mesures ou de résultats
de calcul :
-
de températures atteintes dans le local en dehors du foyer
et au niveau du corps d'épreuve ;
-
d'opacité.
III-5.
Proposition d'un domaine d'emploi justifié,
assorti
des conditions de mise en œuvre
Cette
proposition de domaine d'emploi devra tenir compte de l'analyse des
réponses de la solution constructive et, le cas échéant,
des dispositions de l'arrêté du 4 novembre 1975.
Les
conditions de mise en œuvre devront être précisément
définies au regard :
-
des dispositions adéquates, indiquées au I-3 ;
-
des performances constatées dans l'analyse précédente ;
-
des familles ou gammes de produits évalués.
La
composition détaillée de la solution constructive autorisée,
ses conditions de mise en œuvre ainsi que d'éventuelles conditions
imposées par le CECMI (par exemple surveillance par tierce partie
de la fabrication de l'isolant) devront figurer dans des documentations
techniques rendues disponibles par le bénéficiaire d'un
avis favorable de la CCS, telles qu'avis techniques, appréciations
techniques d'expérimentation...
Il
en est de même de leur domaine d'emploi, si celui-ci est limité
à certains types et catégories d'établissements.
