7.1.
Désenfumage naturel des locaux
7.1.1.
Terminologie
Pour
le désenfumage naturel des locaux, on utilise la notion de
surface utile des évacuations de fumée et de canton
de désenfumage. On appelle (fig. 7) :
Ecran
de cantonnement : séparation verticale placée
en sous-face de la toiture ou du plancher haut de façon à
s'opposer à l'écoulement latéral de la fumée
et des gaz de combustion.
La
traversée des écrans de cantonnement par des canalisations
ou appareils est admise avec la tolérance de jeu nécessaire.
Canton
de désenfumage : volume libre compris entre le plancher
bas et le plancher haut ou la toiture, et délimité par
les écrans de cantonnement.
Superficie
d'un canton de désenfumage : superficie obtenue par
projection horizontale du volume du canton.
Hauteur
de référence (H) : moyenne arithmétique
des hauteurs du point le plus haut et du point le plus bas de la couverture,
du plancher haut ou du plafond suspendu, mesurée à partir
de la face supérieure du plancher. Il n'est pas tenu compte
du plafond suspendu s'il comporte plus de 50 % de passage libre et
si le volume compris entre couverture et plafond suspendu n'est pas
occupé à plus de 50 %. La plus petite dimension des
orifices du plafond suspendu est de 5 mm.(fig. 8
et fig. 9)
(fig. 8 : Plafond suspendu comportant plus de 50 % de passage libre)
(fig. 9 : Plafond suspendu
ne comportant pas 50 % de passage libre)
Hauteur
libre de fumée (Hl) : hauteur de la zone située
au-dessous des écrans de cantonnement ou, à défaut
d'écran, au-dessous de la couche de fumée et compatible
avec l'utilisation du local.
Epaisseur
de la couche de fumée (Ef) : différence
entre la hauteur de référence et la hauteur libre de
fumée.
7.1.2.
Cantons de désenfumage et retombées sous toiture
En
complément des dispositions relatives au désenfumage
naturel, définies au paragraphe 3,
les installations de désenfumage des locaux doivent respecter
les prescriptions suivantes :
-
les locaux de plus de 2 000 m2 de superficie ou de
plus de 60 m de longueur sont découpés en cantons
de désenfumage aussi égaux que possible d'une superficie
maximale de 1 600 m2. La longueur d'un canton ne doit
pas dépasser 60 m. Ces cantons ne doivent pas, autant
que possible, avoir une superficie inférieure à 1 000 m2.
Les cantons sont délimités par des écrans de
cantonnement ou par la configuration du local et de la toiture ;
-
le bord inférieur des écrans est normalement horizontal.
Toutefois, lorsque la pente des toitures et des plafonds est supérieure
à 30 %, les écrans de cantonnement ne doivent pas
s'opposer à l'écoulement naturel des fumées
mais les canaliser vers les exutoires. Si ces écrans sont
implantés parallèlement à la ligne de pente,
on retiendra leur plus petite hauteur comme épaisseur de
la couche de fumée (fig. 10).
(fig. 10 : Ecrans de cantonnement)
De
plus, des écrans de cantonnement doivent s'opposer au mouvement
des fumées vers les trémies mettant en communication
plusieurs niveaux, si ces trémies ne participent pas au désenfumage.
Un écran de cantonnement est constitué :
- soit
par des éléments de structure (couverture, poutres,
murs) ;
- soit
par des écrans fixes, rigides ou flexibles, stables au feu
de degré 1/4 heure ou DH 30 et en matériau
de catégorie Ml ou B s3 d0 ;
- soit
par des écrans mobiles (DAS), rigides ou flexibles, SF de
degré 1/4 heure ou DH 30 et en matériau
de catégorie Ml ou B s3 d0.
La
hauteur libre de fumée est au moins égale à la
moitié de la hauteur de référence ; elle est
toujours plus haute que le linteau des portes et jamais inférieure
à 1,80 m. L'épaisseur de la couche de fumée est
au moins égale à :
- 25 %
de la hauteur de référence (H), lorsque celle-ci est
inférieure ou égale à 8 m ;
- 2 m,
lorsque la hauteur de référence est supérieure
à 8 m.
Toutefois,
cette épaisseur peut être réduite afin de respecter
les hauteurs libres de fumée minimales. Cette réduction
entraîne une augmentation de la surface d'évacuation
des fumées et nécessite un calcul du taux
(voir
annexe). Pour les locaux d'une hauteur de référence
supérieure à 8 m et dont la plus grande dimension
n'excède pas 60 m, on peut admettre l'absence d'écran
de cantonnement. Dans ce cas, le calcul du taux
est
effectué avec une épaisseur de fumée de un mètre.
7.1.3.
Implantation des évacuations de fumées
Tout
point d'un canton dont la pente des toitures ou plafonds est inférieure
ou égale à 10 % ne doit pas être séparé
d'une évacuation de fumée par une distance horizontale
supérieure à quatre fois la hauteur de référence,
cette distance ne pouvant excéder 30 m. Il faut prévoir
au moins une évacuation de fumée pour 300 m2
de superficie. Dans les cantons dont la pente des toitures ou des
plafonds est supérieure à 10 %, les évacuations
de fumée doivent être implantées le plus haut
possible, leur milieu ne doit pas être situé en dessous
de la hauteur de référence du bâtiment. Lorsque
la toiture présente deux versants opposés (à
l'exception des toitures en shed), les exutoires doivent être
implantés sur chaque versant de façon égale.
7.1.4.
Règle de calcul de la surface utile des évacuations
de fumée nécessaire
au désenfumage d'un local
Les
surfaces prises en compte pour l'évacuation des fumées
doivent se situer dans la zone enfumée. Les surfaces prises
en compte pour les amenées d'air doivent être dans la
zone libre de fumées. La répartition des amenées
d'air doit assurer un balayage satisfaisant du local.
1°
Locaux de superficie inférieure ou égale à 1 000 m2 :
Dans
le cas où la superficie des locaux à désenfumer
n'excède pas 1 000 m2, la surface utile des évacuations
de fumée doit correspondre au 1/200 de la superficie du local
mesurée en projection horizontale. Toutefois, cette surface
peut être limitée à la valeur de la surface
utile calculée au moyen du tableau de l'annexe, pour un local
de 1 000 m2 ayant la même hauteur de référence
et la même épaisseur de fumée.
La
surface libre totale des amenées d'air d'un local doit être
au moins égale à la surface géométrique
des évacuations de fumée de ce local.
Lorsque
le désenfumage de locaux de superficie inférieure
à 300 m2 est exigé par les dispositions particulières,
une fenêtre peut compter pour une bouche d'amenée d'air
et/ou d'évacuation de fumée ; la surface libre prise
en compte pour l'évacuation des fumées doit se situer
dans la moitié supérieure du local et être à
plus de 1,80 m du plancher. La surface libre prise en compte pour
l'amenée d'air doit se trouver en dehors de la zone précédemment
définie pour l'évacuation.
(fig. 11 : Désenfumage
par une fenêtre)
2°
Locaux de superficie supérieure à 1 000 m2 :
La
surface utile des évacuations de fumée est déterminée
par type d'exploitation (dont dépend la surface du feu) en
fonction de la hauteur de référence (H) et de l'épaisseur
de la couche de fumée (Ef).
Cette
surface est obtenue en multipliant la superficie de chaque canton
par un taux
(en
pourcentage), elle ne doit jamais être inférieure à
celle calculée pour un canton de 1 000 m2. L'annexe
donne un tableau des valeurs de ce taux
et
les deux formules qui permettent de le calculer.
Dans
le cas où la toiture (ou le plafond suspendu) d'un canton
est horizontale mais présente des discontinuités de
hauteur, le calcul de cette surface utile est effectué par
canton en prenant pour hauteur de référence la hauteur
de la partie la plus haute du canton. La surface utile des évacuations
situées dans les autres parties est corrigée dans
les conditions du 3° du présent paragraphe (fig. 12).
(fig. 12 : Découpage
d'un local en cantons)
Dans
le cas de locaux comprenant un seul canton, la surface libre totale
des amenées d'air doit être au moins égale à
la surface géométrique totale des évacuations
de fumée.
Dans
le cas de locaux divisés en plusieurs cantons, cette amenée
d'air peut se faire par les cantons périphériques.
La surface libre des amenées d'air doit être au moins
égale à la somme des surfaces géométriques
des évacuations de fumée des deux cantons exigeant
les plus grandes surfaces utiles d'évacuation.
3°
Correction des surfaces utiles des évacuations de fumée
des locaux de superficie supérieure à 1 000 m2 :
La
surface utile d'un exutoire doit être minorée ou majorée
en la multipliant par un coefficient d'efficacité suivant
que l'exutoire est implanté au-dessous ou au-dessus de la
hauteur de référence (fig. 13).
Dans ce dernier cas, la longueur des conduits de raccordement verticaux
éventuels est limitée à 10 diamètres
hydrauliques sauf justification par le calcul pour des longueurs
supérieures (diamètre hydraulique = 4 x section du
conduit/périmètre du conduit).
(fig. 13 : Correction de SUE) (
H
positif)
Ce
coefficient d'efficacité (e) dépend de l'épaisseur
de la couche de fumée (Ef) et de la différence de
hauteur (
H)
(positive ou négative) d'implantation de l'exutoire par rapport
à la hauteur de référence suivant la formule :
e
= (1 +
H/Ef)¹/2
Le
même coefficient d'efficacité s'applique à la
surface utile des bouches d'évacuation.
Pour
un ouvrant en façade, ce coefficient d'efficacité
s'applique à la surface utile de l'ouvrant situé dans
la zone enfumée ; la valeur
H
représente la différence de niveau entre la hauteur
de référence et la moyenne des hauteurs des points
hauts et bas de la partie d'ouvrant située en zone enfumée.
(fig. 14 : Correction
de SUE)
(
H
négatif)
Lorsqu'un
local est désenfumé uniquement par des ouvrants en
façade situés à la même hauteur, cette
correction n'est pas utile si la moyenne des points hauts et bas
est considérée comme hauteur de référence
(fig. 15).
(fig. 15 : Désenfumage
par ouvrants en façade)
7.1.5.
Désenfumage des volumes créés par la communication
entre
trois niveaux au plus.
Les
dispositifs d'évacuation des fumées doivent se trouver
à l'aplomb des trémies de communication.
Aucun
écran de cantonnement ne doit s'opposer à l'écoulement
des fumées vers ces trémies.
La
surface utile des évacuations de fumée est calculée,
pour le niveau le plus bas, avec les mêmes règles que
pour les locaux de superficie supérieure à 1 000 m2,
le coefficient
étant
déterminé pour la hauteur totale du volume ainsi créé
et l'épaisseur de fumée tolérée au niveau
le plus élevé (fig. 16).
(fig. 16 : Désenfumage
naturel des deux niveaux)
7.2.
Désenfumage mécanique des locaux
7.2.1.
Cantons de désenfumage et retombées sous toiture
Lorsque
le désenfumage des locaux accessibles au public est prévu
par tirage mécanique, il doit être réalisé
dans les conditions suivantes :
- les
locaux sont découpés en cantons, dans les mêmes
conditions qu'en désenfumage naturel (§ 7.1.2) ;
- la
hauteur des écrans de cantonnement doit être au moins
égale à :
- 25 %
de la hauteur de référence lorsque celle-ci est inférieure
ou égale à 8 m ;
- 2 m
lorsque la hauteur de référence est supérieure
à 8 m ;
- pour
les locaux d'une hauteur de référence supérieure
à 8 m et dont la plus grande dimension n'excède
pas 60 m, on peut admettre l'absence d'écran de cantonnement :
dans ce cas, le débit d'extraction est calculé pour
l'ensemble du volume.
7.2.2.
Implantation des bouches d'extraction
Tout
point d'un canton dont la pente des toitures ou plafonds est inférieure
à 10 % ne doit pas être séparé d'une
bouche d'extraction par une distance horizontale supérieure
à quatre fois la hauteur moyenne sous plafond. La surface au
sol desservie par une bouche ne doit pas avoir une forme allongée,
le rapport entre longueur et largeur de cette surface ne devant pas
dépasser 2.
Dans
les cantons dont la pente des toitures ou des plafonds est supérieure
à 10 %, les évacuations de fumée doivent
être implantées le plus haut possible.
7.2.3.
Règles de calcul des débits
Le
débit horaire d'extraction est au moins de 12 fois le volume
du canton.
Ce
débit d'extraction est limité à 3 m3/s
pour 100 (Arrêté du 22 novembre 2004) « m2 ».
Il n'est jamais inférieur à 1,5 m3/s
par local, excepté pour les locaux d'attente définis
au paragraphe 1 de l'article AS 4.
Un
ventilateur peut desservir au maximum l'ensemble des bouches de deux
cantons ; dans ce cas, son débit peut être réduit
à celui exigé pour le plus grand canton.
Les
amenées d'air sont réalisées soit mécaniquement,
soit naturellement ; elles peuvent se faire par les cantons périphériques.
7.2.4.
Désenfumage des volumes créés par la communication
entre trois niveaux au plus
Le
désenfumage mécanique est calculé avec les débits
préconisés au paragraphe 7.2.3
et concerne :
-
soit l'ensemble du volume, les bouches d'extraction des fumées
se trouvant à l'aplomb des trémies de communication
et aucun écran de cantonnement ne s'opposant à l'écoulement
des fumées ;
-
soit chaque niveau, les niveaux étant isolés de la
trémie commune par des écrans de cantonnement.
7.2.5.
Système de désenfumage mécanique commun à
plusieurs locaux
a)
Au même niveau, deux locaux séparés par des
parois résistantes au feu peuvent être désenfumés
à partir d'un système unique de désenfumage
mécanique. Le débit minimum d'extraction doit être
supérieur ou égal au débit correspondant au
désenfumage du plus grand d'entre eux. Le réseau de
désenfumage doit respecter l'isolement coupe-feu entre les
locaux.
b)
Au même niveau, plusieurs locaux, séparés les
uns des autres par des parois résistantes au feu, peuvent
être désenfumés à partir d'un système
unique de désenfumage mécanique. Le débit minimum
d'extraction doit être supérieur ou égal au
débit correspondant au désenfumage simultané
des deux plus grands d'entre eux. Le réseau de désenfumage
doit respecter l'isolement coupe-feu entre les locaux.
c)
Lorsqu'un système de désenfumage dessert plusieurs
niveaux, le débit de désenfumage est calculé
pour le niveau le plus grand.
d)
Les amenées d'air, propres à chaque local, sont conformes
au paragraphe 7.2.3.
7.3.
Compatibilité entre désenfumage naturel et désenfumage
mécanique
Il
est possible d'utiliser, au sein d'un même établissement,
un système de désenfumage naturel et un système
de désenfumage mécanique dans des ZF différentes.
Le désenfumage mécanique ne doit jamais être mis
en route si la ZF sinistrée n'est pas désenfumée
par ce système.